mer

06

jan

2010

La Petite Sirène de Copenhague

Chaque mois, le poète Christian Laborde publie, sur le site de la Ville de Pau, la chronique "Bastingage". Ce mois-ci, il choisit d'exprimer son ressenti sur les événements de Copenhague.

 

 

Je n'ai plus un seul Kleenex. J'ai refilé tous mes paquets « Pocket », toutes mes boites grand format achetées à Auchan à la Petite Sirène qui, assise sur son rocher, juste au-dessus des eaux sales, pleure dans le port de Copenhague.

 

La Petite Sirène est l'être le plus malheureux de la terre, plus malheureuse encore que les ours polaires en équilibre sur une portion de glaçon qui fond. Les ours, elle les connaît. Elle leur avait dit : « Je vous sauverai à Copenhague. » Elle avait dit : « Je sauverai les girafes, les éléphants, les arbres, les rivières, les dauphins, les baleines... » Elle avait dit : « Je plaiderai à Copenhague la cause de la planète toute entière. » Elle comptait sur son chant, sur son réservoir infini de bulles de sons. Ah ! le chant de la Petite Sirène : aucun marin, aucun homme ne peut y résister. Elle chante et sa voix, son blues, les perles de son souffle nous entraînent « vers des fonds ultra-utérins, délicieux terrain ». Elle chante, nous devenons de minuscules Nautilus de chair et visitons, dans son sillage, les lieux les plus nacrés des océans.

 

Durant tout le sommet, chaque jour, chaque nuit, Lire la suite...

 

Retrouvez les Chroniques de Christian Laborde